jeudi 29 octobre 2015

Hawaii 2015 ⋆ Journal de bord

Hawaii 2015, Journal de bord - Far West Coast

Lundi 4 janvier 2016
On a passé une grande partie de la journée à Hilo, à explorer ses quelques plages et son petit centre. A l’Est de la ville, c’est industriel et portuaire avant de devenir résidentiel, un peu chic.
Tout au bout, après s’être garé sur un parking un peu creepy, on a marché dans l’eau jusqu’au Leleiwi Tide-pool. Protégés de l’océan par des roches volcaniques, des bassins d’eau mi-salée, mi-douce nous accueillent. C’est royal, face à l’océan, à l’ombre des arbres, l’eau est nickel!
Tout le long de cette petite côte, l’eau est bleue transparente. A Carlsmith Beach Park, les tortues se la coulent douce. Elles n’ont pas l’air d’avoir peur des baigneurs (c’est d’ailleurs plutôt l’inverse). entre l’eau fraiche des sources et l’eau tiède de la mer, elles sont à l’aise. Charles s’est d’ailleurs fait une copine qui ne voulait plus le quitter!
Le centre de Hilo est très petit et un peu vieillot. Beaucoup de pas-de-porte sont fermés, abandonnés. Mais quelques boutiques et restaurants sympas subsistent.
Et puis, on est allé au sommet de Mauna Kea. Face à Mauna Loa, ce volcan endormi culmine à presque 4200m d’altitude. En haut, des télescopes parsèment le sommet. Blancs ou argentés, certains tournent doucement dans le vent glacial. Passé une épaisse couche de brouillard, on est en plein soleil sous un ciel bleu intense. On voit très distinctement le sommet de Mauna Loa à cinq minutes de marche. Et on aperçoit aussi Maui, pas si loin que ça. On a prévu le coup, on a enfilé pantalon et hoodie avant de monter. malgré ça, on tremblote, il fait très froid. Ici, il arrive qu’il neige pendant l’hiver. Les Hawaiiens enfilent alors leur tenue de ski et viennent descendre les flancs du volcan!
Carlsmith Beach Park, Hilo, Big Island, Hawaii - Turtle
Salut, c'est moi, ta nouvelle copine!

Dimanche 3 janvier 2016
Aujourd’hui, on a exploré Puna, le Sud-Est de Big Island. On a commencé par aller plonger dans les Waiopai Tide Pools. Le long d’un quartier, la lave, qui a coulé jusque dans l’océan, a fini par former des petits bassins. L’eau est calme, les vagues cassent beaucoup plus au loin. On se balade en observant les poissons et les coraux. L’endroit est intéressant et bizarre à la fois. La plupart des maisons sont entretenues, souvent pour de la location, certaines sont à l’abandon (et ici la nature reprend très vite ses droits!), et celles au bord de l’eau sont sur pilotis. L’air est ici l’un des plus purs que l’on puisse respirer. Le vent vient de l’Est et l’air qu’il apporte à voyager longtemps en haute mer.
A Lava Tree State Monument, on a vu de la lave enroulée autour de troncs, formant des stalagmites volcaniques.
On a continué notre séance lave en allant voir les coulées les plus récentes. Il y a un an, une coulée de lave s’est dirigée vers la ville de Pahoa. Les poteaux électriques ont été protégés à la base pendant que la lave s’approchait. Cette fois-ci, Pele a été sympa. Aux limites de la ville, la lave a détruit une maison inhabitée, n’en laissant que le toit en tôle, et s’est arrêtée aux barrière de la déchetterie. Quelques années de survie pour Pahoa?
En se dirigeant vers Laimu, on a fait un arrêt à l’église Star of the Sea. Joliment peinte à l’intérieur (par le même artiste qui a décoré The Painted Church à Honaunau), elle a été déménagée. En 1990, une coulée a ravagé le coin de Kalapana, détruisant quartiers et villes. In extremis, l’église a été déplacée par les habitants et épargnée.
A Kaimu, the End of the road nous amène dans les coulées de lave entre route bétonnée et route en terre aplati au milieu d’une coulée. Sur les côtés, quelques points verts subsistent. Mais rares sont les maisons qui sont passées au travers. Aujourd’hui, certains se sont reconstruits une maison sur la lave qui a avalé leur terrain, et beaucoup sont toujours en train de fignoler. Le paysage est noir, légèrement brillant au soleil. Les maisons font tâches. Irréel.
On a ensuite marché jusqu’à New Kaimu Beach. Cette plage est apparue en 1990 après une éruption. La lave a apporté sont lot de sable noir et fait connaitre l’endroit comme une des plus belles plages du monde. Aujourd’hui le sable a presqu’entièrement disparu, l’océan vient taper contre les falaises de lave. Au bord du chemin, des cocotiers qui ont été replantés tentent de survivre dans la lave.
A Kehana Beach, on a pris l’ampleur de l’aspect hippie de Puna. Petite plage, elle résonnait au son des djembés et des flutes, sentait la marijuana à plein nez (Santa Cruz, tu as de la concurrence!) et la moitié des plagistes étaient nus.
A Isaac Hale Beach Park, ce sont les locaux qui règnent sur l’endroit. Juste à côté, Pohoiki Warm Spring est un mini-bassin dans la roche volcanique, abrité par l’épaisse forêt. Question différence de température, rien à voir avec les sources d’eau chaude de l’Est de la Sierra Nevada.
Plus loin, à Ahalanui, c’est pareil. Sauf qu’ici, le bassin est très large, bétonné et il y a foule. Bain-douche est ce qui nous vient directement en tête.
Après une douche et la tombée de la nuit, on est ressorti direction Volcanoes National Park. On voulait revoir le volcan s’illuminer dans la nuit. On n’a pas été déçu! En plus de sa couleur flamboyante, on l’a entendu grogner.
Aujourd’hui on a pleinement pris l’ampleur de la réalité au sujet des volcans. Bien qu’on le sache déjà, c’est difficile de réaliser ce qu’il en est à distance. D’un côté, l’aspect spectacle, historique et géologique est extrêmement intéressant. De l’autre, la férocité inéluctable d’une seule coulée de lave détruit tout sur son passage.
Squared-off Stone, Puna, Big Island, Hawaii
Squared-off Stone, the Ocean & Charles

Samedi 2 janvier 2016
Waipi’o Valley est accessible par une route très pentue. Seul un 4x4 peut l’emprunter. Sur un peu moins d’un mile, on observe la vallée se rapprocher petit à petit de nous. Elle est large, très verte. A droite, l’océan se déchaîne sur la plage noire et les falaises en toile de fond donne du volume à tout ça. Dans la descente, la route est un peu humide et on glisse parfois. une fois en bas, on commence par se diriger à gauche, vers le fond de la vallée. On longe une rivière qu’on finit par traverser après avoir enlevé nos chaussures. On croise des chevaux sauvages et des habitations par-ci, par-là. C’est humide et la nature est belle. Au fond de la vallée, on aperçoit deux chutes d’eau. La plus grande, Hi’ilawe Falls fait presque 500m de haut. Côté plage, la parking est presque plein. Les locaux sont venus passer la journée dans la vallée, les tables et les tentes sont de sortie, les gamins jouent dans le sable ou dans la rivière. L’océan n’est pas très accueillant. On aperçoit sur la falaise en face le chemin de rando qui zig-zag pour accéder à la vallée suivante.
Une cinquante de personnes vivent aujourd’hui dans la Waipi’o Valley. Avant le tsunami de 1946 qui a tout ravagé, plusieurs milliers de personnes y vivaient, cultivant leur champs de taro ou autres arbres fruitiers. C’est un lieu sacré hawaiien, c’est là que les chefs se retrouvaient pour prendre d’importantes décisions.
On a ensuite pris la route à l’Est. Longeant l’océan, on est arrivé dans un univers tropical, parfois aux airs d’Hana Road à Maui; lianes dans les grands arbres, nature luxuriante et chutes d’eau. On a fait un détour par les Akaka Falls: chemin bétonné pour s’y rendre, foule assurée.
On a fini par arriver à Hilo, l’autre grande ville de Big Island avec Kailua-Kona. Celle-ci est plus industrielle que touristique. On s’y est juste arrêté rapidement le temps de s’acheter à manger (on reviendra). Pour nos derniers jours, on dort dans une petite chambre avec cuisine extérieure sympa au Sud Est dans le district de Puna. Hippie, dangereux, bizarre, on a entendu de nombreuses histoires sur le coin pendant ce dernier mois!
Waipio Beach, Big Island, Hawaii
Waipio Beach, Big Island

Vendredi 1er janvier 2016
Le temps que tout le monde émerge, qu’on joue avec le chaton une dernière fois, qu’on ramasse quelques avocats pour les prochains jours, qu’on se dise au revoir mais pas tout à fait parce qu’on va essayer de dîner ensemble mardi soir avant notre vol (et qu’on refasse exploser une tonne de feux d’artifice avec le voisin du dessus), on est parti en fin de matinée avec le fils de Pam & Greg qui nous a déposé à l’aéroport pour quo’n récupère une voiture de location.
On est parti au Nord, en longeant l’océan, avec Maui au loin. Il fait très chaud dans ce coin de l’île, la bonne excuse pour manger une shave ice.
Au Nord Ouest, Hawi est une petite ville à l’ancienne et mignonne. Ici, la végétation change. Comme sur les autres îles, le Nord est verdoyant, tropical. On ne voit plus les coulées de lave, la nature rayonne et le ciel est chargé. On est allé au bout de la route qui s’arrête au-dessus de Pololu Valley. On y est descendu à pied, la vue sur l’océan (ses quelques baleines) et les falaises est magnifique. Ça ressemble à la Napali Coast à Kaua’i, en moins vert et moins pointu. En bas, la plage est noire et le sable a des reflets olivines. C’est beau.
Après cette petite marche, on a repris la route pour aller de l’autre côté, au Nord Est. En route, on a pris de la hauteur, l’air s’est rafraîchi malgré la vue sur les plages ensoleillées de l’Ouest, le brouillard et la pluie ont fait leur apparition et on a fini par arriver à Kukuihaela, petit village juste avant Waipi’o Valley. On passe la nuit dans une auberge sympa dont on a trouvé une chambre sur airbnb. La maison est une ancienne plantation. On imagine la vue sur l’océan depuis la cuisine extérieure. On est arrivé de nuit, on en profitera demain au réveil. Les coquis (minuscules grenouilles qui crient quelque chose qui ressemble à « coqui! » toute la nuit) sont réveillées et chantonnent en cœur, plus que l’on en ait jamais entendu depuis notre arrivée sur l’île.
Pololu Beach, Big Island, Hawaii
Pololu Beach, Big Island

Jeudi 31 décembre 2015
Dernière journée de travail sur la propriété pour nous, dernière journée de 2015. Demain, on part vadrouiller sur l’île avant de rentrer en Californie. La fin de notre voyage est proche. On essaie de se remettre dans le bain californien à distance en cherchant un logement pour les deux premiers mois de l’année. C’est pas gagné!
Cette après-midi, on a fait nos sacs, doucement, entre préparatifs de New Year’s Eve et coucher de soleil rougeoyant. On a commencé à recevoir des messages de bonne année au déjeuner. On est presqu’à la ligne de changement de date. C’est-à-dire que tout arrive après la bataille à Hawaii.
On a fêté New Year’s Eve avec nos hôtes: porc toast et feux d’artifice en attendant minuit autour du feu.
Fruit stand, Captain Cook, Big Island, Hawaii
Fruit stand, Captain Cook, Big Island

Mercredi 30 décembre 2015
Pu’uhonua o Honaunau est un national park juste au Sud de Captain Cook, à côté du spot de plongée Two Step. Une partie est une ancienne résidence d’ali'i, les chefs royaux. La seconde partie était un refuge pour les guerriers fuyant les combats, les vaincus ou tous ceux qui avaient violé la loi sacrée appelée kapu. Au bord de l’eau, sous les cocotiers, l’endroit est joli.
Après s’y être baladé, on a discuté avec un ranger qui est aussi un voisin. Il nous a expliqué comment jouer au konane, une sorte de jeu de dame. Il nous a aussi raconté l’histoire du lieu, les croyances, les superstitions. Comme partout, ici, à la plage ou à Volcanoes National Park, il est interdit de ramasser des pierres pour les ramener chez soi. Elles appartiennent à l’endroit, à Pele pour celles des volcans. Pele est la déesse hawaïenne, qui vit dans les volcans. Les parcs hawaiiens reçoivent régulièrement des colis de pierres par la poste. Colis lourds, pour s’acquitter de leur vol et s’en alléger. Ils sont souvent accompagné d’un mot s’excusant auprès d’Hawaii et de Pele. Le but étant d’arrêter la malchance, le mauvais œil qui les poursuit depuis leur retour d’Hawaii.
Après avoir bossé quelques heures et manger un super poke, on est redescendu à Two Step avant le coucher du soleil avec Rob & Autumn, pour plonger une dernière fois ici. Toujours une tortue qui grignote sur les rochers, et les poissons! Partout!
Playing konane at Pu'uhonua o Honaunau, Big Island, Hawaii
Playing konane at Pu'uhonua o Honaunau, Big Island

Mardi 29 décembre 2015
Le bananier, c’est cool! Ca donne des grappes de petites bananes délicieuses. On serait à deux doigts de ne manger que ça ! A entretenir, c’est plus galère. C’est souvent haut, et couper les palmes tient parfois du numéro de prodige. Et puis, cet arbre est bourré de flotte. On tire sur une palme, une flaque d’eau se déverse sur nous, on le coupe à la machette, de l’eau gicle partout!
Notre "chez  nous" du mois de décembre, la hutte !

Lundi 28 décembre 2015
Cette semaine, c’est le grand désherbage dans la propriété. On coupe ce qui est sec, on allège. En un mois ici, il a très peu plu, beaucoup d’arbres et de plantes commencent à ressentir le manque d’eau.

Dimanche 27 décembre 2015
Pam nous a déposé à Kona pour la journée. Et comme à chaque fois, il nous faut un temps d’adaptation: il fait beaucoup plus chaud que dans les hauteurs, et il y a du monde! Direction le Daylight Mind Coffee qu’on aime beaucoup pour la vue, l’air qui nous garde au frais et leur café.
On a ensuite été à Magic Sand Beach, au Sud de la ville. Plage bondée en ce dimanche, on est arrivé un peu avant le coucher du soleil. Ici, les vagues cassent brutalement, et peuvent être dangereuses. On s’est amusé dans l’eau pendant un moment, en évitant de se faire rincer par les vagues et de se faire tirer vers le large.
Magic Sand Beach, Kailua-Kona, Big Island, Hawaii
Magic Sand Beach, Kailua-Kona, Big Island 

Samedi 26 décembre 2015
Couper les plants de café, c’est terminé. Yay!
Pour le coucher du soleil, on est descendu à Kealakekua Bay. C’est juste au pied de la colline où l’on vit, et c’est là que se trouve le Captain Cook Monument (qui est d’ailleurs en terre britannique, et qui marque le lieu de son assassinat, mais on en reparlera!). Cette baie de roche volcanique accueille souvent des dauphins, qui viennent s’y reposer. La plage n’est pas idéale pour le farniente: les galets sont énormes. Mais le bruit des pierres tirées par les vagues me rappelle celui d’Etretat.
Kealakekua Bay, Captain Cook, Big Island, Hawaii
Kealakekua Bay, Captain Cook, Big Island

Vendredi 25 décembre 2015
Mele Kalikimaka, Merry Christmas, Joyeux Noël!
Pain perdu et bacon au menu du petit-déj de Noël.
Journée tranquille entre rayons de soleil, averses, sieste, bière au coucher du soleil et parties de cartes.

Jeudi 24 décembre 2015
Petite matinée de boulot dans les arbres de café. Je croise que j’ai chopé la crève. Bravo. En 3 ans en Californie, je n’ai pas été malade une seule fois, et c’est à Hawaii que j'attrape froid! Pour ma défense, les nuits sont fraîches!
Pas vraiment de tradition de Noël ici. Dîner léger avec chants de Noël rock. Et partie de poker pour clôturer le tout!
Mele Kalikimaka - Joyeux Noël !

Mercredi 23 décembre 2015
Rando avec Pam, son fils et des amis à eux. Au Nord de l’île, près de la ville de Waimea, on avait prévu d’aller à Anna’s Pond. Pond signifie ici bassin, celui qui se trouve au pied de la chute d’eau. On s’est finalement rendu compte en repartant qu’on avait été à Cowboy’s Pond, court mais intense. Après s’être garé au bord de la route, on a escaladé la barrière d’un champs de vache, propriété privée et tout le tralala, marché dans le champ vert en évitant les énormes merdes de vache sous une pluie fine, re-escaladé une barrière, traversé une large rivière, et on est arrivé plus haut le long de la même rivière, au bord de la colline. Pour descendre, on s’est accroché à une corde, puis à un arbre, puis à un autre arbre, longé la rivière et on est arrivé au pied de la haute chute d’eau. Malgré l’eau gelée, l’appel du saut suspendu à une corde en a motivé plus d’un. Fun!
On est allé pique-niquer sur la plage, un peu plus au Sud. Waialea Bay est aussi appelée Beach 69 (parce qu’elle est située au marqueur du miles 69 sur la route qui longe la côte Ouest de Big Island). Ici, les resorts s’enchaînent les uns après les autres, et les plages sont bondées. L’endroit reste superbe. Petite plage en longueur, des troncs d’arbres sortent du sable, de l’eau, on peut faire un peu de plongée (et sur la droite, il y a un petit coin nudiste).
Au retour, on a retrouvé la fille de Pam et sa petite-fille, pour un dîner. Au bord de l’eau, les pieds dans le sable, restaurant parfaitement cliché des vacances à Hawaii. On a vu le soleil se coucher de plus près ce soir!
Big Island, Hawaii
Ce vert !

Mardi 22 décembre 2015
On a passé 5h à s’occuper des plants de café. Et on a fini épuisé, les bras et les mains en compote.
J’ai refait une fournée de cookies dans l’après-midi. A ce rythme là, je vais rendre tout le monde énorme d’ici à ce qu’on parte.
Je me suis d’ailleurs rendue compte que notre départ approchait. Dans deux semaines, on rentre à Santa Cruz. Nos premiers jours à Kaua’i semblent très très loin!

Lundi 21 décembre 2015
Une fois le café ramassé, il faut s’occuper des plants, faire le tri, désépaissir. C’est ce qu’on a commencé à faire ce matin. On laisse 3 ou 4 tiges par tronc, le reste, on coupe. Et on a fait un peu de désherbage en même temps (bye bye les bambous qui poussent n’importe où).
Ce soir, c’était soirée chez nos hôtes. L’allée s’est remplie de trucks et de 4x4, ils ont allumé le barbecue et un feu de joie.

Dimanche 20 décembre 2015
Café au soleil en regardant les nuages arriver.
On a ramassé les grains de café oubliés hier, on va essayer de faire notre propre café. Affaire à suivre… Echec à envisager!
Coffee beans
Coffee beans

Samedi 19 décembre 2015
On a fini de ramasser la café ce matin! Avant de se rendre compte dans l’après-midi, qu’on avait oublié quelques arbres le long de notre hutte. Tant pis, Pam a déjà été déposer la dernière récolte à midi.
On avait ramassé des cabosses de cacao plus tôt dans la semaine. On les a coupé, dépiauté, on a mis les graines dans des pots avec un tout petit peu de levure et on les a laissé au soleil. C’est apparement très long, mais on espère bien pouvoir faire quelque chose de ces quelques fèves de chocolat!
Guerre des étoiles et popcorn au menu de ce soir.
Cocoa processing
Cabosses et fèves de cacao

Vendredi 18 décembre 2015
De retour dans les plants de café, on a presque fini de le ramasser!
Dans l’après-midi, on a été plonger à Two Step, et on s’est arrêté à The Painted Church. Cette petite église blanche de l’extérieur est entièrement peinte à l’intérieur. Une sorte de Chapelle Sixtine à la hawaiienne. Sous la route principale, un peu après Captain Cook, le coin est fleuri, très joli.
Et puis, on a été faire des courses classiques: un stop au stand de fruits et un tour au supermarché (qui nous ruine un peu à chaque fois).
The Painted Church - St. Benedict Roman Catholic Church, Captain Cook, Big Island, Hawaii
The Painted Church - St. Benedict Roman Catholic Church, Captain Cook, Big Island

Jeudi 17 décembre 2015
Ce matin, on a été randonner dans un cratère. On commence par descendre dans une forêt tropicale, et on arrive dans le cratère. Il est noir, tout cabossé. Il pleut, il y a un peu de brouillard, une ambiance mystérieuse règne silencieusement. Par endroit le sol est craquelé, ouvert. De la fumée s’en échappe, il fait chaud. Pas un bruit, malgré l’ébullition que l’on imagine beaucoup plus bas. Un vieux film sur une éruption, un lava tube, et une forêt primaire plus tard, on reprend la route. Un peu plus au Nord, Mauna Loa culmine à plus de 4000m d’altitude (face à Mauna Kea). Un peu avant son cratère, la route s’arrête au pied d’un observatoire météorologique (la référence mondiale du taux de CO2 dans l’atmosphère, référence scientifique car mesure la plus longue, référence iconique car c’est là que, pour la première fois, l’effet de l’homme sur le climat a été démontré). Cette route est d’un autre monde. Etroite, la bande de goudron zigzag et valonne dans les coulées de lave. En haut, il fait à peine 10 degrés et les couleurs du coucher du soleil s’attardent dans le ciel. C’est magnifique! (En cliquant sur les liens, vous pourrez voir d'autres photos!)
Mauna Loa Weather Observatory, Big Island, Hawaii
Mauna Loa Weather Observatory, Big Island

Mercredi 16 décembre 2015
En route pour les volcans après une nuit pluvieuse, on a fait quelques haltes avant d’arriver au parc: quelques compagnies de café, une plage fermée pour cause de dingue (l’épidémie sévit depuis quelques mois sur Big Island. Dans cet article du Time, on peut voir exactement ce qu’il en est. A savoir, on vit juste à côté du point chaud), un banyan planté par Mark Twain, un déjeuner dans une espèce de diner à la hawaiienne, une plage de sable noir et son lac de nénuphars, et puis on s’est approché de Volcanoes National Park. On a changé de côté de l’île depuis un moment, la nature s’est épaissie, bien plus verte. Une fois dans le parc, on est descendu jusqu’au bord de l’océan. Les coulées de lave plus ou moins récentes s’enchaînent. Ici, le bord de mer a été décalé, au pied des falaises, les coulées de lave du milieu du XXème ont agrandi l’île. La route, qui fut pendant un temps celle empruntée pour passer au Sud de l’île, est bouchée. La lave l’a avalé, pareil pour tout ce qui s’y trouvait (comme un Visitor Center). Face à l’océan bleu, le paysage est noir. Parfois légèrement brillante sous le soleil qui tape, la lave semble encore fraîche.
La fin de journée approchant, on est remonté jusqu’au Jaggar Museum. Il fait face au Kilauea Crater. Quand la nuit tombe, la lave qui bouillonne se reflète dans la fumée ou les nuages. Dans le noir, on peut voir le volcan s’activer. La journée, on n’en aperçoit que la fumée qui s’en échappe. On est assez haut en altitude, il fait froid, le vent souffle et il bruine. On tremblote pendant que le volcan s’illumine, impassible. C’est la première fois qu’on s’approche aussi près d’un volcan actif. Si on est tétanisé, ce n’est pas uniquement à cause du vent glacial!
"The glow", Kilauea Crater, Volcanoes National Park , Big Island, Hawaii
The glow - Kilauea Crater, Volcanoes National Park , Big Island

Mardi 15 décembre 2015
On a continué notre récolte de café pendant 5 heures ce matin. On va s’absenter deux jours demain (enfin, prendre notre week-end en milieu de semaine), donc on essaie de travailler pas mal d’heures avant de partir. Pam & Greg nous prêtent le truck pour qu’on aille voir les volcans. A partir de ce week-end, ça va être difficile de partir plusieurs jours d’affilée, ils louent leur autre 4x4 pour les vacances de Noël.
Digression animalière: on a revu un caméléon dans les arbres. Ces animaux sont rigolos, on dirait des lézards à tête de rhinocéros! Le chat et le chien ont toujours du mal à s’entendre. Mais il y a quelques tentatives pas trop agressives et assez mignonnes!
Cat vs. Dog

Lundi 14 décembre 2015
Ce matin, on a commencé à ramasser le café. C’est la dernière récolte de la saison, donc on ramasse tous les grains, même les verts. Un grain de café, ou du moins son fruit, est bon à être ramassé lorsqu’il est rouge (généralement). Sur la propriété où l’on travaille, les arbres de café sont partout, il ont un peu poussé comme bon leur semblait. Il n’y a pas un champ avec les arbres alignés en rang d’oignons. Ils sont autour de la hutte, près des bambous, sous les avocatiers, dans les cailloux… On ramasse avec nos petits doigts, on a un sceau autour de la taille pour ceux qu’on garde, et un autre au sol dans lequel on balance les grains abîmés ou pas mûrs. Pam & Greg vendent ensuite leurs grains à une compagnie de café. Ils reçoivent 1,80$ par pound (500gr). On est situé sur la Kona Belt, qui s’étend, grossièrement, de Kona au Sud de l’île sur la côte. Seul le café ramassé ici peut être vendu sous l’appellation Kona Coffee. Pour résumer, on est entouré de plants de café!
Kona Coffee, Big Island, Hawaii
Kona Coffee

Dimanche 13 décembre 2015
Pas fabuleux comme dimanche, mais maintenant on est vraiment installé pour les deux semaines à venir, et on va même pouvoir vider nos sacs à dos. Yay! On a passé une grande partie de la journée à faire le ménage dans la hutte, cette mini-maison dans laquelle on va dormir. Puis, on a déménagé nos affaires, histoire d’arrêter de squatter chez Pam & Greg. Et on a gagné un chat à plein temps! Paboo vit ici depuis quelques semaines, c’est un chaton foufou, tout noir, qui marche un peu de traviole (ses pattes arrières fonctionnent bizarrement).
Comme ces dernières soirées, on a fini la journée en jouant aux cartes avec Rob et Autumn.

Samedi 12 décembre 2015
On est parti à 7h avec Autumn pour aller plonger à Two Step. Superbe lumière dans l’eau, beaucoup de poissons. On était 5 quand on est arrivé, et quand on est sorti, on aurait dit qu’un bus de touristes s’était déversé au bord de l’eau!
Sur la droite, avant que le fond ne chute et le bleu de l’océan ne s’accentue, un ALOHA est écrit avec des pierres et des parpaings au fond. (Aloha est souvent utilisé comme salutation, mais ça représente aussi l’esprit hawaiien, accueillant.)
On s’est ensuite offert un petit déj’ dans un café au bord de la route, super pancakes!
On est parti à Kona en début d’après-midi, on nous avait vendu la parade de Noël comme un des évènement important de l’année, on voulait voir ça! En l’attendant, on s’est posé dans un café sympa: un bon iced latte et une vue imprenable sur l’océan!
Vers 17h, on s’est installé sur un haut muret le long de la rue principale. Tout le monde était équipé de ses meilleures chaises de plage, et la parade a commencé: 80 participants (associations, entreprises locales, écoles, églises), 1h30 de camions, musique et beaucoup, beaucoup de bonbons. Après 1/2 heure, les gamins à côté de nous sont devenus hystériques sous le coup du sucre. Puis notre tour est arrivé!

Vendredi 11 décembre 2015
Ça y est! Le sol de la tente est enfin terminé, et beau! On va maintenant pensé à faire les escaliers, les murs en bambou... Rob & Autumn sont censés y emménager bientôt, on pourra enfin s’installer dans la hutte et libérer la chambre d’amis. On pensait y passer deux ou trois nuits, les travaux, on sait quand ça commence… Fin de journée studieuse pour nous.

Jeudi 10 décembre 2015
Toute petite matinée de boulot, on a manqué de vis pour fixer le sol de la tente.
On est parti à Kona tous les 4, puis un peu plus au Nord pour aller à la plage. On a garé la voiture et marché sur un chemin dans la roche volcanique pour atteindre Makalawena Beach. Magnifique plage de sable blanc, l’eau est turquoise, on y voit les poissons sans avoir besoin de mettre la tête sous l’eau. Au retour, on a marché à la lumière du coucher du soleil. Les couleurs étaient très tranchées entre le noir, le orange et le peu de vert.  *Article sur Makalawena Beach à lire ici*
Makalawena Beach, Big Island, Hawaii
Makalawena Beach, Big Island

Mercredi 9 décembre 2015
Ce matin, on s’est attaqué à un mur. Il faut qu’on construise un petit muret en pierre autour d’un tuyau. J’ai eu l’impression d’accomplir un travail de titan, avec beaucoup moins de facilité. La base doit être parfaitement stable avec des grosses pierres. On utilise la roche volcanique qui affleure de partout. Une fois que l’ombre a disparu, on a été aidé Rob & Autumn à la tente. Elle est presque terminée, la moitié du plancher est posée.
Cet après-midi, on a travaillé. La terrasse de la chambre d’amis est à l’ombre vers 14h, elle nous sert de bureau. Les chiens ne nous quittent plus lorsque leurs maitres s’absentent, ou juste pour aller aboyer sur les chats (et les parapentes).

Mardi 8 décembre 2015
Joyeux anniversaire Charles! 30 ans au soleil, ça se fête!
On a fait tomber une sorte de palmier, il avait l’air tout sec à l’extérieur, et il était bouffé par l’humidité à l’intérieur, atrocement puant.
Dans l’après-midi, j’ai préparé à manger pour le dîner. Après le repas, on a allumé un feu, histoire de brûler le bois qui s’accumule tous les jours.
Sur le blog, découvrez l'univers de Virginie et de son site The Cheerletter. Dans cet entretien, on parle de lettering, de calligraphie, de voyage sur la côte Ouest américaine, et de Lyon.

Lundi 7 décembre 2015
Après une matinée de jardinage, je suis descendue à Kona avec Pam, juste le temps de faire quelques courses. J’ai ensuite fait un peu de pâtisserie, demain est un jour spécial!
Encore une fois, impossible de voir clairement le coucher du soleil. Le matin, le ciel est clair, mais l’après-midi apporte toujours ses nuages depuis le volcan. Au loin, sur l’océan, on a du mal à distinguer la ligne d’horizon!

Dimanche 6 décembre 2015
J’ai été faire un tour au Farmer Market de Captain Cook avec Rob & Autumn. Beaucoup de bijoux, pas beaucoup de légumes. C’est dommage, je comptais dessus pour prendre la relève du supermarché qui n’est pas génial.
Aujourd’hui, ils ont sorti les guirlandes de Noël. Je ne m’y ferai pas, même si c’est mon troisième hiver au chaud. Quand je pense qu’on est début décembre, il y a comme un bug!
Sinon, je crois que je me suis fait deux nouveaux copains: les chiens. Ils me suivent partout et m’écoutent à la lettre. Ceux qui me connaissent doivent bien se marrer!

Samedi 5 décembre 2015
Aujourd’hui, tout le monde a prévu de bouger. Avec Charles, on décide de rester tranquille. Ça fait plus d’un mois qu’on est arrivé à Hawaii, on a envie de se poser un week-end, prendre le temps et il faut qu’on travaille un peu. Dans son deal de congé sabbatique avec sa boss, Charles a quelques papiers qu’il doit finir et rédiger. Il est temps de s’y remettre.
Pour le petit-déj’, on est allé plus bas sur la route, au Coffee Shack, ce qu’il y a de plus proche, accessible à pied, et avec vue sur l’océan. Au retour, on décide de faire un détour par le supermarché et un stand de fruits. Marcher le long de la route, même juste pour un kilomètre et quelques, ce n’est pas top: pas de trottoirs, des animaux morts et les voitures qui roulent à fond. Mais le pire est de remonter la route, chargé des courses en plein soleil. Douche en arrivant!

Vendredi 4 décembre
Ce matin, je me suis occupée des ananas. Pour planter un ananas, ce n’est pas bien compliqué. On garde le haut, pourquoi pas un peu de l’écorce du fruit, un petit trou, et hop dans la terre. Et puis, ça grandit des piques, beaucoup. Et, comme nous expliquaient les mecs à la fabrique de vodka à Maui, ça produit un ananas tous les deux ans. Surement une des plantes les moins rentables du monde! On a ensuite renforcé le sol de la tente. Il ne reste qu’à poser le plancher.
Cet après-midi, sortie de groupe: pique-nique sur la roche volcanique à Two Step. L’endroit est idéal pour le snorkeling (plonger juste avec masque et tuba). On a aussi pu tester le paddle (debout sur une grande et lourde planche de surf), c’est sympa! Je n’ai plus qu’à trouver l’équilibre parfait.
Comme les autres soirs, le coucher du soleil ne ressemble à rien qu’on ait déjà vu. Les particules volcanique transportées par la fumée constante des volcans (ils sont toujours actifs sur Big Island), rend le soleil orange vif, presque rouge. Et le ciel n’est jamais clair en ce moment, un vog (mix de volcano et fog, signifiant brouillard) empêche de voir le soleil plonger dans l’océan.
Sunset at Two Step, Big Island, Hawaii
Coucher du soleil à Two Step, Big Island

Jeudi 3 décembre 2015
Pam et Greg (fin de la présentation) sont donc nos hôtes pour ce mois de décembre. Greg travaille à l’extérieur et c’est principalement Pam, qui travaille à domicile, qui nous oriente sur ce qu’il y a à faire. On commence la journée par un tour de leur propriété.
Le gros projet du moment est de finir la plateforme d’une tente. On dort pour l’instant dans une de leur chambre d’amis, on devrait bouger dans la "hutte", dès que la tente est terminée. La hutte, c’est une mini maison, ouverte, avec un lit, un espace cuisine, une douche extérieure et une petite terrasse. Après avoir fait un peu de jardinage, j’aide Autumn à continuer de peindre les planches pour le sol. De la voute plantaire aux mains, on est couverte de peinture bleue.
Ce soir, on est monté à Kona, manger et boire un verre pour l’anniversaire d’Autumn, et assister à un concert. Pam & Greg ont l’air de connaître tout le monde, ils nous ont mis sur la liste. Et Eric McFadden, c’est super sympa!
Sunset in Big Island, Hawaii
Coucher du soleil à Big Island

Mercredi 2 décembre 2015
Aujourd’hui n’est finalement pas notre premier jour de travail. Sarah s’en allant demain, on va donc à la plage tout au Sud de l’île. Bien que nous soyons passés par le site Workaway pour trouver cet échange, j’emploierai les termes woofing ou woofers, bien plus répandus. Petite présentation: les deux autres woofers sont Rob & Autumn. Ils sont ensemble depuis 5 mois, ils se sont rencontrés en Alaska cet été en travaillant pour une boîte de kayak et de zipline. Ils ont 27 et 24 ans (demain), Rob travaille comme saisonnier depuis presque 3 ans. En plus du woofing, il travaille à Kona pour une boîte qui propose des tours en mer pour voir baleines et dauphins. Il est arrivé sur Big Island il y a un peu plus d’un mois et s’est acheté une vieille voiture pour pouvoir se déplacer facilement. Autumn l’a rejoint il y a une semaine après avoir parcouru en vélo la Pacific Coast Highway de la frontière canadienne au Mexique.
Nous voilà donc tous les cinq, dans la caisse de Rob, en direction de Green Sand Beach et South Point. Plus on s’approche du Sud de l’île, plus de le vent souffle, plus la végétation disparaît au profit de la roche volcanique. Sur place, des locaux nous proposent un "shuttle" (4x4 qui nous emmène jusqu’à la plage en question), mais on a décidé de marcher, 2 miles c’est pas grand chose (un peu plus de 3km), et la route est en très sale état. A l’aller, on marche face au vent, le sable nous gomme la peau douloureusement. La plage est verte olivine, pas si impressionnante qu’on se l’imaginait mais belle, surtout vu d’au-dessus. Le vent est tellement fort qu’il est difficile de rester sur la plage. Je remonte pendant que les autres se baignent, m’installe à la table de pique-nique, discute avec un conducteur des fameux shuttles, bouquine, Charles et Sarah me rejoignent, on se fait un sandwich. Un peu plus tôt, on avait vu deux mecs en quad, l’un deux revient paniqué, demande au conducteur d’appeler les secours. On lui demande si on peut l’aider, il nous dit de le suivre. On découvre le père du second mec, apparemment ayant eu un accident de quad, allongé plus loin dans le sable. Charles vérifie son poult. Il est blanc, presque jaune, ne respire plus. Le conducteur du shuttle est en ligne avec les secours, ils lui dictent la procédure à suivre, et il répète à haute voix. Charles fait un massage cardiaque au père pendant 50 minutes, une ou deux personnes filent un coup de main. Les secours ont mis bien trop de temps à arriver, c’est apparemment tout le temps comme cela a Hawaii (sic). On se décide à repartir, s’éloigner de ça. On croise des locaux qui nous remercient, un mec qui en fait dix fois trop, les flics qui veulent notre témoignage, et on retourne à pied à la voiture, le dos dans le vent cette fois-ci. Le dernier jour de Sarah, notre premier jour, on finit par balancer quelques blagues pour essayer de passer à autre chose.
A South Point, l’eau est plus calme. Ici, les falaises font une quinzaine de mètres de haut. Une échelle en métal rouillé permet de remonter après avoir sauté. L’eau est nickel, vu d’en haut, le fond est parfaitement clair. C’est d’ailleurs ici (un peu plus à gauche) que se situe le point le plus au Sud des Etats-Unis, et non à Key West en Floride. Southernmost, comme ils aiment bien dire ici.
Diving in South Point, Big Island, Hawaii
South Point, Big Island

Mardi 1er décembre 2015
Au revoir Maui! Un dernier ice latte au Paia Bay Coffee, la visite d’une distillerie de vodka à l’ananas et direction l’aéroport et le terminal de Mokulele Airlines, grandiose! Imaginez Roissy, le beau et presque neuf terminal d’Air France, puis pensez à l’exact opposé. Ce terminal fait la taille d’un A280, les quelques bancs sont de traviole et menacent de s’écrouler quand on s’y assoit, pas de scanner, pas de sécurité à passer. Mokulele, c’est un peu comme prendre le RER pour aller bosser, à moindre échelle. C’est une compagnie locale qui ne propose que des vols entre les îles hawaiiennes, et dont sa flotte se compose de 11 appareils. Il n’y a que 10 places dans notre avion. Je retire ici le terme de coucou pour les précédents vols avec Hawaiian Airlines! Le pilote s’adresse à nous directement, en se contorsionnant un peu dans son siège, c’est aussi lui qui nous délivre les information "en cas de". On a vu sur la cabine, et surtout sur Maui. Un avion de cette taille, c’est lent, et c’est tant mieux. On peut profiter de la vue sur Haleakala, Hana. C’est magique! Et en arrivant à Big Island, le choc. C’est noir. D’en haut, l’île semble un peu désespérée. Les coulées de lave sont visibles partout, la végétation plus rare. A l’atterrissage, on a l’impression d’arriver sur la lune!
Ici commence une autre partie de notre voyage à Hawaii. Pendant le mois de décembre, on va faire du woofing sur Big Island. Pour ceux qui ne connaîtrait pas le terme, c’est un échange: contre un logement, on travaille une vingtaine d’heures par semaine pour nos hôtes. Pam et Greg sont venus nous récupérer à l’aéroport de Kailua-Kona. Ils vivent à Captain Cook sur une colline verdoyante, au bout d’une route défoncée et aussi pentue qu’une piste noire. De leur propriété, on a vu sur l’océan et le coucher du soleil, leur jardin/jungle/champ est magnifique, ils ont des plants de café, des arbres fruitiers, des avocatiers… Ce soir, on dîne tous ensemble pour dire au revoir à une des travailleuses. Nos hôtes sont adorables et accueillants, et l’autre couple qui va travailler avec nous aussi. Ça s’annonce sympa!
Haleakala from a Mokulele Arilines plane, Maui, Hawaii
Haleakala from a Mokulele Arilines plane, Maui

Lundi 30 novembre 2015
On est remonté en haut du volcan Haleakala. A plus de 3000m d’altitude, son cratère est gigantesque, et les couleurs très intenses, tout comme les rayons du soleil, ou la fraîcheur quand le vent souffle. Sur la route, on a passé une chape de brouillard, et très vite on s’est retrouvé au-dessus des nuages. Et comme la dernière fois, on a été emporté. Ce sentiment d’être dans du coton, renforcé par un paysage noir presque lunaire. Le côté aride de l’endroit accentue la douceur des nuages. En haut, on a vu sur toute l’île de Maui (quand le ciel est dégagé), et on peut aussi apercevoir Big Island et ses volcans. Ils ne sont pas bien loin, et semblent impressionnants. C’est d’ailleurs là qu’on continue notre voyage dès demain!
On a aussi été voir de plus près un spot de surf près de Paia. Jaws doit son nom à ses vagues tranchantes et impressionnantes. Aucun rapport avec Jaws, le film. Les Dents de la mer, en français.
Sur le blog, retrouvez l'interview de Delphine, la créatrice de la revue 7h09 carnet d'ailleurs et du blog du même nom.
Haleakala National Park, Maui, Hawaii
Haleakala National Park, Maui

Dimanche 29 novembre 2015
Comme un dimanche studieux.
Café et ordi dans la matinée. Sieste et bouquinage à l’ombre des cocotiers sur la plage dans l’après-midi. Ce soir, on est toujours au Nord de Maui, un peu plus à l’Est. Dans les hauteurs de Haiku, de la terrasse de notre airbnb, on voir la cime des arbres et les nuages changer de couleur au coucher du soleil.

Samedi 28 novembre 2015
The road to Hana.
Hana est un petit village à l’Est de Maui. Loin de tout, la route qui s’y rend est étroite, elle zigzague entre les vallées, enchaîne les ponts en pierre à une voie, les chutes d’eau sur les bas-côtés. La nature est luxuriante, les petits stands de fruits partout. On y avait passé quelques jours il y a deux ans, on avait adoré. Autour d’Hana, il y a quelques belles plages. Malgré le soleil qui est arrivé après la pluie sur la route, le fond de l’air est orageux et l’océan déchaîné. Koki Beach est impraticable, Waianapanapa Beach, aussi appelée Black Sand Beach est toujours aussi belle. Passé Hana, Kipahulu accueille la partie Est d’Haleakala National Park. Ici, pas de cratère de volcan, mais une rivière, des bambous, c’est le côté tropical du parc. Et passé le parc, on aperçoit quelques maisons, une petite église, et c’est aussi là qu’est enterré Charles Lindenbergh, à quelques mètres de l’océan et d’un des plus beaux points de vue de la côte. Au retour, on s’est arrêté à Hana Farms. Le vendredi et le samedi soir, ils chauffent leur four en argile et font des pizzas à partir de 16h et jusqu’à épuisement de leurs pâtes (ou 20h). Tous leurs produits viennent du coin ou leur ferme. En plus des stands de fruit et des chutes d’eau, Hana est une des endroits à Hawaii où l’on voit le plus de panneaux bidouillés à la main annonçant "No spray", "No GMO".
Hana Road, Maui, Hawaii
Hana Road, Maui

Vendredi 27 novembre 2015
Bye bye Kihei. Aujourd’hui, on remonte au Nord en empruntant la route à l’Ouest de l’île. Après des rafales de vent, on tombe sur Lahaina et les villes resort s’enchaînent. On ne fait que passer. On s’y est déjà rendu rapidement, et on n’avait pas vraiment accroché. Ce qu’on veut, c’est continuer la route au Nord, là où ça devient tortilleux, nauséeux et un peu vertigineux. Il y a deux ans, on était passé par là en vitesse avant d’attraper un vol. On avait un souvenir un peu flippé de cette partie: une voie, des pierres qui tombent d’un côté, le vide de l’autre. Ce n’est finalement pas si dangereux que dans nos souvenirs! Le vent souffle fort, le ciel oscille entre soleil qui tape et nuages noirs. Le bord de mer est déchaîné, la côte cassée, la nature verte, les rochers noirs, c’est magnifique! On s’approche de l’eau au niveau du Nakelele blowhole. Un trou dans la roche fait sortir l’eau sous forme de geyser avec un bruit de dragon!
Ce soir, on est de retour à Paia. C’est décidément ce coin là de Maui qu’on préfère. De Paia à Hana, le long de l’océan et dans les hauteurs.
Old Kahakuloa Village, Maui, Hawaii
Old Kahakuloa Village, Maui

Jeudi 26 novembre 2015
Happy Thanksgiving!
Journée plage de Kihei à Makena. Tout au Sud de l’île, ‘Ahihi-Kina’u Natural Area Reserve n’est que lave. La route, étroite, est entourée d’anciennes coulées de lave (et accessoirement d’anciens camps d’entrainement militaires - des panneaux nous déconseillent de toucher aux grenades que l’on pourrait être amené à trouver). Le paysage est noir, foncé. Le ciel bleu et les touches de vert qu’apporte les petits arbres de temps en temps font ressortir la noirceur qui nous entoure. C’est superbe! Au bout, un parking et une pseudo-plage de lave. Beaucoup vont plonger, c’est calme et protégé, mais l’eau n’est pas très claire, et il n’y a finalement pas beaucoup à voir. Un peu plus haut, ‘Ahihi Cove est bien mieux pour plonger. En cherchant une douche pour se rincer de l’eau salée, on est tombé sur une plage. Au pied d’un resort, les vacanciers déjeunent en famille ou entre amis. L’eau est claire, presque aussi bleue que celle d’une piscine.
Notre repas de Thanksgiving se résume à 2 fish tacos et une quesadilla achetés à un food truck. En dessert, une glace. Léger, et au soleil!
A Wailea, autre ville touristique chic du coin, le centre commercial est ouvert, calme. Les quelques clients sont comme nous, des touristes, loin des repas de famille. On s’y arrête juste acheter de quoi manger ce soir avant que tout ne ferme.
‘Ahihi-Kina’u Natural Area Reserve, Maui, Hawaii
‘Ahihi-Kina’u Natural Area Reserve, Maui

Mercredi 25 novembre 2015
Direction le Sud de Maui. Stop à Paia dans la matinée au Paia Bay Coffee, caché derrière la rue principale et les boutiques, ce petit café à des airs de jungle entretenue. C’est mignon comme tout!
A Kahului, on s’arrête au Maui Coffee Roasters, se racheter un sachet de café. Sur la route, on croise une sugar mill encore en activité. Cheminées et vieux bâtiments, me rappelle mon semestre d’histoire contemporaine et la Révolution Industrielle.
A Kihei, la ville est écrasée en bord de mer, et il y a du monde. Plus au Sud, Waimea et Makena sont bien plus chics, moins de condos bétonnés, et plus de resorts. Et des golfs. A ne plus avoir qu’en faire.
Pour se familiariser avec le coin, on va boire une bière à la Maui Brewing Co. Ouverte il y a quelques mois à peine, elle rutile!
Alexander and Baldwin Sugar Mill, Maui, Hawaii
Sugar Mill

Mardi 24 novembre 2015
Il pleut des cordes depuis cette nuit. On a jamais eu une purée de pois si épaisse, si longtemps. Même en Californie, avec son fog, si réputé! Sur la route, entre le brouillard et la pluie, on ne voyait pas grand chose.
Dans les hauteurs de Paia, la ville de Makawao a un côté far west mal assumé, touristique avec ses « galleries d’art », et chic au vue des prix des restaurants. Et même sous la pluie, elle est mignonne. En se posant pour boire un café et se sécher, on s’est fait la même réflexion tous les deux, on se croirait sur l’Est Coast, entre le Rhode Island et Cap Cod.
On a fini par aller au ciné. Ce soir, on se cuisine un chirashi. Parce que ce n’est pas parce qu’il pleut des seaux d’eau depuis 24h qu’on a besoin de se réchauffer!


Lundi 23 novembre 2015
Aujourd’hui, on se la coule douce. On prend le temps de faire une grasse mat’, c’est-à-dire se lever à 8h30. On se fait un petit-déj’ de champions à base d’œufs et d’avocat. On répond aux mails, on lave nos fringues qui s’accumulent dans le bas de nos sacs à dos, on donne des nouvelles, et on va bouquiner à la plage. En fin d’après-midi, on regarde l’orage arriver doucement sur l’île. Le ciel est de plus en plus noir, le vent se lève, les couleurs sont superbes!
Et sur le blog, retrouvez aujourd'hui un entretien avec Lemonee on the Hills, créatrice aux couleurs de la Californie!
Paia, Maui, Hawaii
Paia, Maui

Dimanche 22 novembre 2015
Dernière matinée à Moloka’i, c’est dimanche, presque tout est fermé, les parkings des églises sont, eux, assez pleins.
L’aéroport de Moloaka’i est un petit bâtiment; ouvert de partout, ça sent très fort le kérosène quand les avions décollent, et les caméras de surveillance n’existent pas. La personne qui vérifie nos pièces d’identité est la même que celle qui nous fait passer le scanner (le vieux modèle, celui en forme de pas-de-porte).
Aujourd’hui, on est de retour à Maui. Plus tôt que prévu (voir vendredi 20). On avait adoré notre première visite surtout consacrée à Hana au Nord Est.
A l’aéroport de Maui, on a eu comme un choc. On a mis un peu de temps à comprendre pourquoi, et puis on a réalisé. Tout ce monde, des gens partout! Après 4 jours à Moloka’i, seuls dans nos campings, jamais plus de 10 personnes à la terrasse du café, les couloirs à moitié pleins de l’aéroport nous ont paru remplis, prêts à exploser!
Pour nos trois premières nuits, on a réservé une chambre à Paia. Au Nord de l’île, au bord de l’océan, c’est une petite ville jeune et assez touristique. Elle reste à taille humaine et est agréable à vivre.
Beach Boy Ranch, Moloka'i, Hawaii
Beach Boy Ranch, Moloka'i

Samedi 21 novembre 2015
Cet après-midi, on a décidé d’aller voir des dunes. Côté Nord, la Moomomi Preserve accueille des espèces de plantes endémiques, des oiseaux et des grandes dunes, tout ça protégé. Cette réserve se visite parfois avec des rangers, mais on peut aussi y aller seul. Trouver des informations sur le chemin relève de l’exploit. On a garé notre voiture au bord de la route, et emprunté le chemin en terre rouge, seulement utilisé par les 4x4. Et on a marché, marché, jusqu’à arriver à une belle barrière de fil barbelé nous disant que c’était la réserve et que c’était un terrain privé. On a marché, encore. Rebelote. Puis, enfin, un panneau annonçant la réserve sur une barrière fermée, avec un chemin sur sa droite traversant le fil barbelé pour y accéder. Après la boue rouge, on est arrivé dans le sable. Au bout, la plage est rincée par les vagues et accumule les déchets rejetés par l’océan. Sur le chemin, les douilles de cartouche se montrent parfois, à l‘extérieur et à l’intérieur de la réserve. Parce que oui, pourquoi un panneau annonçant une réserve naturelle empêcherait un chasseur de chasser.
Ce soir, on est allé à l’hôtel pas loin de notre camping. Hier soir, on y avait écouté du mele. Ce soir, on y a grignoté en buvant une bière.
Moomomi Preserve, Moloka'i, Hawaii
Moomomi Preserve, Moloka'i

Vendredi 20 novembre 2015
Après une nuit pluvieuse, la journée a été du même genre. Des trombes d’eau, remplacées en milieu de journée par des averses, finalement de moins en moins fréquentes. Un coup d’œil à la météo nous refroidit. Il est annoncé de la pluie pour le week-end et la semaine qui arrive. On se dit que le temps tourne vite, on a bon espoir. Pour s’occuper, on a été faire un tour au Sugar Mill Museum. Petite maison et moulin rénové. Ce qui nous plaît, c’est l’exposition de photo sur les habitants de Kaulapapa, leur histoire jusqu’à aujourd’hui.
En milieu d’après-midi, je reçois un coup de fil du loueur de voiture de Lana’i, l’île encore plus petite juste au Sud. A cause du temps pourri, toutes les routes en terre sont fermées. Ce qui veut dire qu’il n’y aura rien à faire à Lana’i pendant notre séjour. J’annule la réservation, et on décide d’annuler nos 3 jours sur cette île. La météo est mauvaise, on est censé camper sur la plage. On change notre vol. Finalement, dimanche on ira directement à Maui. Entre le prix du camping et celui de la voiture à Lanai, on s’en tire pour la même chose en airbnb à Maui. Passé 3 jours de plus sur cette île ne me déplaît pas, bien au contraire. On verra s’il est possible de venir passer un week-end à Lanai depuis Big Island.
La vie, qui est déjà chère, à Hawaii, l’est encore plus sur Moloka’i et Lana’i. Ces îles sont minuscules, moins touristiques.
Ici, à Moloka’i, il ne reste qu’un hôtel, et quelques condos. Un resort, dans la ville de Maunaloa, a fermé ses portes en 2008 après plusieurs mésaventures et des habitants opposés à sa présence sur l’île. Aujourd’hui, Maunaloa est une ville à moitié fantôme. Son minuscule centre (une supérette, un bureau de poste, un magasin de cerf volant) s’organise autour des restes, encore plutôt bien conservés de l’hôtel (un bar, un cinéma, les chambres, une épicerie). Etrange.
Moloka’i est aussi surnommée "The friendly island". J’hésite entre vieil adage stupide ou foutage de gueule de ses résidents. Depuis qu’on est arrivé à Hawaii, on ne s’est jamais senti aussi mal accueilli. Alors certes, après 3 ans en Californie, on a perdu nos repères. Non, tout le monde ne s’émerveille pas sur toi quand il te dit bonjour, non tout le monde n’est pas constamment souriant. Mais là, c’est parfois l’inverse. Alors quand certains nous demandent d’où on vient, on répond from France. Parce que venir de mainland (le reste des Etats-Unis) est souvent très mal vu! Et là encore, je tempère. Ce n’est pas partout comme ça, les serveuses du café sont sympas, les employés du Parks & Recreation aussi. D’ailleurs, le ranger qui passe tous les soirs nous demander notre permis ressemble à un nounours. Bien que la fréquentation de leurs 2 campings approche toujours le zéro campeur, on continue de le voir tous les soirs, alors qu’on a acheté nos permis à sa collègue. Et puis un gars de la sécurité est censé aussi faire des rondes. On n’a jamais été autant surveillé en camping qu’à Moloka’i. Il est, d’ailleurs, fort probable que l’île entière soit au courant que deux campeurs français sont là jusqu’à dimanche. Je jetterai un coup d’œil au journal local demain, on a peut-être une brève, rien que pour nous.
Ce soir, on est retourné au camping au Sud. L’autre est sombre et éloigné de tout, pas super équipé. Celui-ci, ce n’est pas non plus la folie, mais il est plus gai. La mer est là, les cocotiers nous nourrissent, et on voit Lana’i juste en face.
One Ali'i Beach Park, Moloka'i, Hawaii
One Ali'i Beach Park, Moloka'i

Jeudi 19 novembre 2015
Après avoir réglé les détails techniques: batterie morte pendant la nuit (comment? c’est un mystère), et détour par le Parks & Recreation pour payer les permis de camping, on s’offre un café au Coffees of Hawaii. On geek un peu, on écoute du mele (musique traditionnelle hawaiienne) joué au bout de la terrasse, on observe les mini-bus de touristes se déverser dans la boutique de souvenir et repartir 10 minutes après, les ouvriers de Monsanto venus déjeuner.
Monsanto s’est installée il y a un peu plus de deux ans sur l’île de Moloka’i. Un espèce de camp de recherche, pour tester leurs nouveaux produits, leurs nouvelles graines, voir un peu ce que cela donne, ce maïs super résistant trop bien. Voilà, Monsanto a transformé Moloka’i en laboratoire, et ses habitants en rats de laboratoire.
Au Nord de l’île, on a été observé la vallée de Kaulapapa. C’est ici, à partir de 1865, suite à l’arrivée des européens et de leurs maladies, que les lépreux d’Hawaii ont été envoyés en quarantaine. Péninsule uniquement accessible par la mer ou un chemin de randonnée à pic, ils se sont organisés une vie entre eux, un petit village.
A l’Est de l’île face à Maui, la route finit par rétrécir, puis s’arrêter. A Halawa Beach, la plage est noire. Le ciel s’étant assombri au cours de l’après-midi, on a l’impression d’avoir quitter Hawaii pendant un temps, d’être transporté en Ecosse!
Et à l’autre bout, du côté Ouest, c’est l’aspect sec qui choque. Des airs de Nevada par moment. C’est là qu’on campe ce soir, dans un camping sous des petits arbres fins, pas loin de la mer qui gronde. Il se met à pleuvoir après le coucher du soleil.
Halawa, Moloka'i, Hawaii
Halawa, Moloka'i

Mercredi 18 novembre 2015
C’est un coucou qui nous a transporté à Moloka’i. Petit truc qui vole, ses hélices juste à nos fenêtres, 48 places, obligé de passer par le tarmac pour monter dans l’avion. Un décollage, un peu d’océan, un atterrissage, et hop, Moloka’i nous voilà! Aéroport minuscule, de la taille d’un petit Monop’, les bagages sont déposés directement sur un long banc par les mecs. On récupère notre voiture sur le parking, ouverte, les clefs sont sous le tapis.
Un café, quelques courses (impossible de trouver le gaz qui correspond à notre réchaud, c’est pas grave, ça sera salade et pas de café le matin), on va passer la nuit au Sud.
Moloka’i est l’île au Sud Est d’O’ahu, celle qui est tout en longueur (il y a une carte à la fin de cette article). 61km de longueur, 16km de largueur, 8000 habitants, des ranchs et des champs. Après O’ahu et sa banlieue chic d’Honolulu, c’est vide, calme et dépaysant. Et puis ici, tout est rouge au couleur de la terre.
Ce soir, on est seul dans l’un des deux campings de l’île, face à la mer. Les tables de pique-nique ont juste été squattés par une famille pour fêter un anniversaire.
Le soleil se couche à 17h46, 2 heures après, tout le monde est parti, et nous on bouquine sous la tente. 21h45, petite visite du ranger.
One Ali'i Beach Park, Moloka'i, Hawaii
One Ali'i Beach Park, Moloka'i

Mardi 17 novembre 2015
On a retrouvé le côté jungle d’Hawaii aujourd’hui. Dans le creux d’un volcan, la forêt est reine, touffue, il doit pleuvoir 90% du temps. Les nuages sont bloqués par les pics du cratère, c’est gris en haut, vert en bas. On s’est garé sous une averse torrentielle. Le Maunawili Trail au départ de l’intérieur du cratère fait un peu plus de 3 miles, c’est globalement plat. Le hic: c’est humide, tellement humide qu’à chaque pluie, l’eau est précieusement conservée par le chemin. Bref, aujourd’hui c’était mud day. Tout ça pour quoi? Pour une chute d’eau et une petite piscine en dessous, mignon. Le tout sous une pluie plus ou moins fine, les pieds dans la boue. Au retour, tout crotté, on a croisé un monsieur bien habillé, qui sortait de sa décapotable de location, iPhone à la main. "La chute d’eau, c’est par là? - C’est ça. Il nous jette un œil plus curieux. - Comme ça, c’est bon vous pensez? en nous désignant du menton ses belles bottines en cuir à ses pieds - No way."
Affamé, parce que cette rando nous a pris bien plus de temps que prévu, on s’est traîné à Kailua, dans un fast food salade et jus, le truc du genre sain. On faisait tâche, je suis sûre. Et puis, il s’est remis à pleuvoir, journée grise partout finalement. On s’est approché de la mer pour rincer nos chaussures de marche. Ça aussi, ça nous a pris du temps. On aurait du les laver en rentrant de la Napali Coast déjà. Et Charles a été se baigner sous la pluie, seul dans l’océan avec un monsieur qui apprenait à ses pigeons à ne pas avoir peur de l’eau. Voilà.
Demain, on décolle pour Moloka'i, petite île au Sud Est d'O'ahu.
Sur le blog, retrouvez l'entretien avec Virginie du blog Joli Bonheur. On parle de DIY, de photo et de la Californie.
Maunawili Trail, O'ahu, Hawaii
Maunawili Trail, O'ahu

Lundi 16 novembre 2015
Du Nord Est d’Oahu, on est descendu à la pointe Sud. On a laissé derrière nous les gros nuages noirs, les petites villes un peu glauques le long de la route et de la plage. A partir de Kailua, les autoroutes se sont multipliées, dans la ville, les centres commerciaux et les touristes ont réapparu, les convois militaires et les soldats aussi.
Ce matin, on a parsemé notre route de petits arrêts, pour une plage, une baie, un point de vue, un temple. A Kailua, on a déjeuner avant d’aller bouquiner sur la plage. On était loin d’être les seuls. La beauté du lieu aide certainement: sable blanc et fin, eau turquoise. Des souvenirs d’une plage sarde me sont revenus!
Ce soir et pour la nuit suivante, notre chambre airbnb est au-dessus d’un garage d’une gentille famille. Notre quartier a des airs de Wisteria Lane, c’est calme et mignon. Ça nous change de ces derniers jours bruyants et un peu dégeus. On va essayer de bien dormir.
Byodo-In Temple, Valley of the Temple, O'ahu, Hawaii
Byodo-In Temple, Valley of the Temple, O'ahu

Dimanche 15 novembre 2015
Ce soir, le ciel est chargé, les nuages impressionnants semblent ne pas bouger, comme bloqués au large. Les averses sont ridicules. Quant à l’air, il est lourd. Un vent souffle à en décorner les bœufs, mais ne refroidit pas grand chose. Juste de la gueule. On dort dans notre tente à une vingtaine de mètres de l’océan. On est dimanche soir, le State Park est quasiment vide. Une tente ici, une tente là, un bord de mer si venteux qu’on a des airs bretons qui nous reviennent. A O’ahu, une barrière bloque l’accès au camping entre 19h et 7h. Sur le parking, les panneaux conseillant de vider sa voiture et de bien la fermer s’enchaînent, les coqs et autres poules sont de retour, et les chats errants partout.
Aujourd’hui, on a quitté North Shore, ses averses à la chaîne, son soleil aux couleurs orageuses, ses surfeurs. On a roulé à l’Est. Pas bien longtemps en fait. On attaque maintenant un autre côté de l’île, une partie qu’on ne connait pas.
On va s’y remettre. A explorer ces bouts d’îles, cette nature folle, ces plages de rêves, ces bouibouis qui servent les meilleurs plats de poissons qu’on ait jamais avalé, ces fonds marins et ces vagues qui nous font un peu peur. Avec plaisir. Il faut qu’on s’y remette.
Kawela Bay, Kahuku, O'ahu, Hawaii
Banyan trees at Kawela Bay

Samedi 14 novembre 2015
Pipeline, North Shore, O'ahu, Hawaii
Pipeline, North Shore, O'ahu

Vendredi 13 novembre 2015
La journée avait commencé en douceur. Papaye et café pour le petit-dèj. Pas de compétition de surf aujourd’hui, les vagues sont quasiment inexistantes au spot en question. Direction Pipeline, une serviette dans le sable, un bouquin et les surfeurs en fond visuel. Le ciel fait des siennes, comme d’hab’. Soleil, nuages qui se baladent, quelques averses. De temps en temps, on lâche un commentaire sur les vagues, les figures des surfeurs. On se déplace un peu pour rester à l’ombre. Je regarde l’heure sur mon téléphone. Le message d’une amie. Midi et des brouettes heure d’Hawaii, "3 attentats à Paris cette nuit, nous allons bien, c’est la cata". Tout va vite. 11h de décalage horaire, on est vendredi, lemonde.fr, Twitter. Rien ne charge, la connexion est moisie. Mon fil Twitter finit par apparaître, 140 caractères d’horreur s’enfilent les uns aux autres. Trop d’information d’un coup, pas assez. Du manque de souffle on passe à l’énervement. On retourne dans notre logement. Ordi, téléphone, TV, on allume tout. Les premiers messages à la famille, aux copains. Les réponses. Celles qui se font attendre. Et ce bordel. Putain.
Encore une fois. Loin des yeux. Près du cœur. Please Paris, be safe & be strong.

Jeudi 12 novembre 2015
La côte Ouest d’Oahu a beau être moyennement accueillante, elle a de beaux paysages à offrir, les montagnes et vallées verdoyantes d’un côté, et ses plages de l’autre. Souvent écrasées contre la route, elles sont étroites et un peu sales, mais certaines d’entre elles valent le détour. Très peu pour le surf, beaucoup pour la plongée.
Un peu plus au Sud, avant Honolulu et le site de Pearl Harbor, l’armée est partout, en civile ou en tenue. O’ahu est squattée de bout en bout par des territoires militaires, gated communities, routes bloquées réservées aux membres, hélicos à l’entrainement bas dans le ciel, réduction pour les militaires dans les magasins.
Aujourd’hui, on se dirige vers North Shore où l’on va passer quelques jours. Arrivée à Hale’iwa en début d’après-midi, on se balade un peu dans le petit centre. Ça grouille! Et ça a un peu changé depuis la dernière fois qu’on y était: rénovation, nouvelles boutiques, un petit côté Disneyland par moment.
Juste derrière, au Hale'iwa Beach Park, a lieu une compétition de surf. Le Vans Triple Crown of Surfing se déroule du 12 au 24 novembre, sur les quatre meilleures journées de surf que cette période offrira. Les vagues étant faibles, rien n’a lieu aujourd’hui.
Après avoir déposé nos affaires dans notre chambre airbnb et fait la connaissance de nos colocs, on est allé se poser face à Pipeline. Aux lueurs du coucher du soleil, les surfeurs se font plaisir, les photographes au ssi.
Jusqu’à fin décembre, trois compétitions de surf s’enchaînent à North Shore dans le cadre du Vans Triple Crown of Surfing. Durant ces deux mois, North Shore accueille donc les meilleurs surfeurs du moment.
Avec ses plages étroites et souvent mouillées des averses régulières, ses surfeurs absolument partout, son côté touristique qui sait garder son aspect local, ses food trucks partout au bord de la route, ses couleurs au coucher du soleil, c’est chouette d’être de retour à North Shore.
North Shore, O'ahu, Hawaii
North Shore, O'ahu

Mercredi 11 novembre 2015
On commence notre journée en retournant au Ha Coffee Bar de Lihue. Le café est pas mal, mais surtout, on aime bien le lieu, grand et aéré, et les baristas sont toujours adorables.
On rend ensuite notre voiture de location en début de matinée, et on passe la matinée à lire dans l’aéroport de Lihue.
Le vol de Kaua’i à O’ahu est le vol le plus long entre les îles. Enfin. Pas le temps de regarder un film. Juste le temps de décoller, boire un verre d’eau, voir apparaître l’Ouest d’O’ahu (où on dormira ce soir), et atterrir dans les nuages d’Honolulu. Passé les formalités d’aéroport, on se dirige vers l’Ouest. On va d’ailleurs aller jusqu’au bout de la route, au pied des montagnes et au début du chemin qui mène à Ka’ena Point. On s’y était rendu la dernière fois, en passant par le Nord de l’île.
Il fait chaud, très chaud. Coin le plus sec de l’île, les plages de sable fin s’enchaînent les unes aux autres, beaucoup laissent apparaître des coraux. Aujourd’hui, c’est Veterans Day, c’est donc férié à Hawaii. Les bas-côtés sont remplis de voitures et les barbecues sont de sortie.
Ce soir, on dort à Wai’anae, ville qui étend ses faubourgs le long de l’océan et de l’autoroute. Un peu plus bas, les resorts se sont arrêtés, ils ne montent pas plus haut à l’Ouest. Banlieue lointaine d’Honolulu, beaucoup réfèrent ce coin de l’île au ghetto d’Oahu. Les maisons sont basses avec leurs grillages qui les entourent, les jardins squattés de voitures et de chiens, beaucoup se déplacent à pied malgré l’absence systématique de trottoirs, certaines voitures tremblent sous les basses de la musique qu’elles diffusent au plus grand nombre. Le Hawaii paradisiaque semble bien loin, voire inexistant. Palmiers et océan sont bien là, mais oui, Hawaii et O’ahu ne se résument pas seulement aux grands hôtels sans goût de Waikiki.
Coucher du soleil, Waianae, O'ahu, Hawaii
Wai'anae, O'ahu

Mardi 10 novembre 2015
Dernière journée sur l’île de Kaua’i, tout en douceur.
Balade la long d’Anini Beach, jusqu’à Wyllie Beach. On retourne ensuite à Kalihiwai, plage de surfeurs. On les observe d’un coin de l’œil pendant qu’on bouquine. Le vent souffle sans discontinu, les nuages sont épais mais le soleil se fait parfois sentir. Il fait bon, juste ce qu’il faut.
Dans l’après-midi, on se dirige vers Kapa’a, on fait une pause shave ice avec nos livres à la main.
Ce soir, on a réservé une chambre dans un hôtel à Lihue. Demain matin, un avion nous emmène sur l’île d’Oah’u. On a vidé notre minuscule voiture, refait les sacs.
Kalihiwai Beach, Kauai, Hawaii
Surfers at Kalihiwai Beach, Kaua'i

Lundi 9 novembre 2015
Session de surf matinale, debout à 6h, Charles et Chris sont allés chasser le lever du soleil. On leur a ensuite dit au revoir pour de bon, ils rentrent cet après-midi en Californie.
J’avais lu quelque part que Poi’pu State Beach était une plage sympa pour plonger. On est donc retourné dans la touristique Poi’pu. Au pied des barres d’hôtel, les plages et l’eau sont belles, et aussi très fréquentées. Mais ce n’est finalement pas si génial.
Initialement, on devait passer la nuit au camping de Salt Pond dans le Sud. On décide de repartir au Nord de l’île pour nos derniers jours à Kaua’i.
Pause déjeuner au Koloa Fish Market, on teste l’avocado poke, un délice! A Kapa’a, on fait un arrêt au truck Tege Tege. Ici, la shave ice est faîte avec une vieille machine japonaise, on a l’impression de manger de la poudreuse toute fraîche.
On retourne presque au bout de la route au Nord Ouest, sur la plage de Tunnels. On voulait retourner plonger ici. Cette fois-ci, on va un peu plus loin, et très vite, c’est le vide. Après quelques mètres de coraux, un tombant file le vertige et nous fait saisir l’immensité de l’océan. Les poissons sont partout de toutes les couleurs, de tous les motifs. Certains mordillent les chevilles de Charles. Je me retrouve nez à nez avec une tortue aussi grande que moi. Cet endroit est magique.
Puis on retourne passer la nuit au camping d’Anini. On monte notre tente presque au même endroit que vendredi 30 octobre, un peu plus à l’abri des arbres, de la pluie est prévue. Elle arrive d’ailleurs pendant qu’on dîne.
A retrouver sur le blog aujourd'hui: entretien avec Estelle du blog le hamburger et le croissant. On parle de chocolat et de cuisine américaine.
Monk seal
Monk seal

Dimanche 8 novembre 2015
On voulait faire une petite rando qui amène sur une des crêtes de la Napali Coast, Hanopu Trail. Rien de méchant, 2 miles aller, un peu de descente. Ce chemin a prix cher il y a une trentaine d’année lors d’un ouragan. Le County of Kauai a abandonné son entretien. Ce sont des bénévoles qui se sont attelés à le remettre en l’état. Mais il reste invisible sur les cartes officielles.
Je me suis, c’est dommage, réveillée avec torticolis du centre de l’omoplate à la base de mon crâne. Difficile de bouger, merde. On est ici qu’une fois, on s’en fout. Pas l’idée du siècle, je le reconnais. De plus, le chemin est en sale état, boueux, glissant, et, sur une grande partie, entouré de fougères hautes, épaisses et traitres. Mais c’est comme d’habitude, on souffre un peu, et la vue, là-bas tout au bout, vaut tous les soufflements du monde!
En retournant à notre voiture, on avait un petit mot de nos copains sur le pare-brise.
Fini la rando, on redescend près de l’océan. Direction Polihale, la plage au bout de la route à l’Ouest de l’île. Impossible d’aller plus loin, c’est là que la Napali Coast débute. Ça y est, on a fait le tour complet de Kaua’i.
On longe les territoires de l’armée, emprunte une route en terre. Polihale est une longue plage de sable, bordée de petites dunes. Show d’énormes trucks dans le sable. On comprend mieux la taille de certaines voitures: indispensable pour aller s’éclater à Polihale le dimanche après-midi! Un seul surfeur se lance à l’eau, un peu avant le coucher du soleil, la mer est agitée, les vagues cassent vite.
Ce soir, on retourne chez nos copains. C’est leur dernière nuit à Hawaii. C’était bien sympa de passer du temps avec eux ici.
Polihale Beach, Kauai, Hawaii
Polihale Beach, Kaua'i

Samedi 7 novembre 2015
Faire ses courses à Hawaii peut être galère. Ça l’est particulièrement dans le Sud de Kauai. Le patron: Big Save Market, aussi prometteur que son nom! Galère, et cher. Big Save reste le seul abordable. Et dans le Sud de l’île, difficile de trouver des stands de fruits alors que c’est principalement comme cela que l’on s’est nourri les premiers jours. Avocats, bananes, rambutans, papayes et ananas à gogo. Là, c’est plutôt avocats importés du Mexique. Va comprendre.
On a du faire quelques courses avant de monter à Waimea Canyon et Kokee State Parks. Ce canyon est d’une beauté sans nom. La terre est rouge, ses flancs d’un dégradé de verts, et le ciel bleu accueille de gros nuages ajoutant un peu plus de volume au tout.
Après une rando pour s’approcher de la chute d’eau, on a été au bout de la route, admirer les points de vue. Le temps mi-pluvieux, mi-ensoleillé nous a offert des arcs-en-ciel. Impression de photo montage. Du haut de Kokee, on surplombe la Napali Coast, et la Kalalau Valley. On a reconnu certaines courbes de la côte, les mêmes qui nous faisaient suer (au sens propre) il y a une semaine.
On a dormi à Kokee dans l’herbe verte, sous une bruine. Ici, les nuits sont fraîches. Enfin, par fraîches, j’entends que cette nuit-là, on s’est enfin glissé dans nos fins sacs de couchage, qui nous servent de second matelas de sol depuis qu’on est arrivé!
Waimea Canyon, Kauai, Hawaii
Waimea Canyon, Kaua'i

Vendredi 6 novembre 2015
Les premiers rayons du soleil font leur apparition très tôt. Pendant que l’on prépare notre première tasse de café, nos petits voisins de tente, cartable sur le dos, s’en vont visiblement à l’école. Se réveiller face aux palmiers ne signifie pas toujours vivre au paradis.
On retourne au Sud-Est de l’île, avant la ville de Poi’pu. Une série de plages nous faisait de l’oeil sur le papier. Après 20/30mn de route de terre, on se gare, et on marche un peu. La mer est déchaînée et la côte aiguisée, les couleurs splendides. Maha’ulepu Beaches se détachent de Poi’pu, surfaite, et peuplée de golfs et resorts.
A midi, on mange le meilleur poisson depuis le début de notre voyage. Merci le Fish Market de Koloa.
On se dirige ensuite plus à l’Ouest, vers Waimea où l’on retrouve nos copains qui ont aussi changé de côté de l’île. Charles va surfer un peu et s’égratiner sur les coraux de Pakala Beach. Ce soir, on va finalement dormir dans leur location: maison de style midwest avec vue sur le Waimea Canyon. L’humidité et les nuages de moustiques du North Shore sont loin. Ici, le vent souffle sans discontinu depuis hier soir.
Après une balade dans Hanapepe animée par son Friday Night Art Walk, on finit la journée au frais sur la terrasse sous les étoiles filantes.
Maha’ulepu Beaches, Kauai, Hawaii
Maha’ulepu Beaches, Kaua'i

Jeudi 5 novembre 2015
Il a plu toute la nuit, sans discontinu. A 5h30, le mec du County of Hawaii nous réveille pour qu’on paye notre nuit de camping. On range nos affaires sous la pluie, et on prend la route vers le Sud de l’île.
Petit arrêt à la Kauai Coffee Compagny, une grosse machine sans saveur, on ne s’y attarde pas.
Au camping de Salt Pond, la vie s’organise entre voyageurs, amateurs de coucher de soleil, et locaux. Après s’être baigné, on se rince à l’eau froide. Un vieux monsieur qui vient nager ici tous les jours nous fait la discute pendant qu’on se lave. Il a quitté la Michigan après le lycée, et venu ici, à Kaua’i, et n’en est jamais reparti. Papoter sous la douche ouverte du camping à la lumière du coucher du soleil est une nouveauté pour nous.
Salt Pond Beach, Kauai, Hawaii
Salt Pond Beach, Kaua'i

Mercredi 4 novembre 2015
Parce que pour se remettre de la Napali Coast, il n’y a rien de mieux qu’une session de surf!
Notre copain, surfeur, n’attendait que ça: surf camp! Nous voilà donc, tous les quatre, lui, sa femme, Charles et moi direction Hanalei pour louer 2 autres planches. Il en avait emporté deux dans ses bagages. Les grands-parents gardent leur fille, on se tartine de crème solaire, surfer sans combinaison ça change la vie. La mer est calme, juste ce qu’il faut de vagues (pour moi). Une fois au large, la vue est hallucinante, toujours ses pics verts qui nous entourent! Pause déjeuner à Hanalei, exténués et contents!
Dans l’après-midi, on refait nos sacs (le coffre de la voiture est transformé en dressing room, et les sièges arrières en annexe du Vieux Campeur, les serviettes qui sèchent en plus), on fait une pause à Tunnel’s Beach, endroit magique pour admirer les coraux et les poissons. Je profite du calme avant le coucher du soleil, pas de vent, mer plate, silence étrange au bord de l’océan. Charles est comme un poisson dans l’eau.
Ce soir, on dort finalement à Haena Beach. Le vent se lève…
Haena Beach, Kauai, Hawaii
Haena Beach, Kaua'i

Mardi 3 novembre 2015
Réveillés à 5h par une fine pluie, on se lève un peu plus tard. Café, ranger la tente et tout le barda, il fait toujours aussi chaud et humide, aujourd’hui, retour à la civilisation. On sait que la première montée à la sortie de la vallée est longue et très pentue, on veut à tout prix éviter le soleil.
Au mile 6, on fait un détour par Hanakoa Falls, on n’est plus à 1 ou 2 miles près! Chemin aussi large que nos chaussures de marche, boueux et glissant, mais une fois arrivé: waouh! Chute d’eau immense et bassin. On discute avec des jeunes qu’on a croisé plus haut. Etudiants dans North Shore, O’ahu, ils viennent d’Arizona. Une fois repartis, on déjeune tranquillement, seul face à la falaise.
Un peu plus loin, on croise un vieux monsieur qu’on a déjà vu en haut des Nounou Mountains. On l’a pris en photo pendant qu’il jouait de la flûte. D’origine irlandaise, il a un nom français par son père.
Arrivé à Hanakapi’ai Beach, on fait une dernière longue pause. Des chats abandonnés, en sale état, viennent nous réclamer, apeurés, à manger. Ils ont des yeux de la couleur de l’eau toute proche, bleu-verte claire, splendides et tristes. Ici, on retrouve aussi beaucoup de monde. Cette rando de 4 miles aller-retour est très prisée. On commence à être vraiment épuisé, et affamé (on a été un peu léger en bouffe). Les gens qui passent nous demandent, admiratifs, en regardant nos énormes sacs à dos, nos traits tirés et nos vêtements trempés de sueur si on a été jusqu’au bout. Leur enthousiasme nous redonne de la force. Allez! Plus que 2 miles et on va se jeter dans la mer.
Après s’être rafraîchi, on fait du stop pour se faire déposer chez nos copains un peu plus loin. Une des meilleures douches de notre vie! Ils nous ont même préparé un super dîner, royal!
Napoli Coast, Kauai, Hawaii
Napali Coast, Kaua'i

Lundi 2 novembre 2015
En remontant la rivière, on arrive à Big Pool. Bassin profond et balançoires au-dessus. L’eau est étonnement froide, agréable! Plus haut, les bassins se succèdent, on est entouré par les sommets de la côte.
Il est encore tôt, on est seul, le soleil joue à cache-cache avec les petits nuages. On se baigne, rempli nos gourdes, on bouquine au bord de la cascade. Nos copains marcheurs de la veille arrivent, on papote au bruit de l’eau et des hélicoptères qui font visiter la vallée par le haut.
Dans l’après-midi, on redescend jusqu’à la plage, faire une sieste et bouquiner à l’ombre de la falaise. Un petit tour dans l’eau salée, un rinçage à l’eau fraîche de la chute d’eau, on observe des chèvres au-dessus de nous et un mec qui grimpe à mains nues et en sandales la paroi abrupte.
Une fois la nuit tombée, impossible de dormir à cause de la chaleur. On lit pendant plusieurs heures avant de s’endormir, difficilement.
A retrouver sur le blog aujourd'hui: photo, Tinder et dessin, entretien avec Agathe Monnot.
Kalalau Valley, Napali Coast, Kauai, Hawaii
Kalalau Valley, Napali Coast, Kaua'i

Dimanche 1er novembre 2015
La Napali Coast est la côte Nord Ouest de l’île de Kauai. Pour y accéder: catamaran, kayak, hélicoptère ou marche. Cette côte est magnifique, verte, enchaînant les pics et les canyons, les chutes d’eau se succèdent, souvent jungle, le désert fait aussi son apparition sur une petite partie.
Pour aller au bout, il y a 11 miles de marche, le Kalalau Trail. Montée, descente, montée, descente, non-stop, une rivière à traverser, puis une autre, le chemin est étroit tout du long. Le vide coté océan est toujours là, parfois dissimulé sous la verdure épaisse, les cailloux parsèment la route, parfois humide, on marche dans un petit cours d’eau, parfois tellement sec qu’on pourrait glisser jusqu’en bas.
On est parti à 7h30, pour profiter un peu du frais (bien grand mot, au vue des températures!). Ces 11 miles sont sans aucun doute les plus éprouvants que l’on ait jamais parcouru. Jamais plat, le chemin est vertigineux, demande une concentration permanente, la chaleur et l’humidité sont lourdes, tout comme nos sacs à dos. Les vues sur l’océan et la côte qui se profilent sont magnifiques, et sans fin. On croise une dizaine de personnes qui rentrent, et on fait la route avec un couple qu’on croise régulièrement. Au mile 6, le premier camping s’organise autour d’une grosse rivière qui descend des Hanakoa Falls. Un coup de mou, on déjeune, et on repart. Plus que 5 miles. Les plus dangereux, et les plus longs. Et puis, on voit la vallée se profiler, paysage lunaire avant une verdure épaisse. Un vieux monsieur nous accueille, « Welcome ». On aperçoit les premiers campements autour de la rivière. On traverse de nombreux anciens temples, un peu plus loin, un panneau des State Parks hawaiiens nous indiquent que le camping commence là. Beaucoup de gens vivent dans la vallée. Jusqu’en 1919, une population entière vivaient même ici. Plus ou moins bien installés, ils ont l’eau à disposition, se nourrissent avec les arbres fruitiers et de ce que laissent les gens de passage.
Tout au bout, la plage. L’océan n’y est pas très accueillant, mais une chute d’eau fait office de douche pour les locaux et les marcheurs.
On a souffert un peu, marchant parfois mécaniquement, essuyant une goutte de sueur sur notre joue, évitant les pièges du chemin, mais maintenant on y est! Je comprends, d’ailleurs, pourquoi certains n’en sont jamais revenus!
Kalalau Trail, Napali Coast, Kauai, Hawaii
Kalalau Trail, Napali Coast, Kaua'i

Samedi 31 octobre 2015
De ‘Anini à Haena
Princeville est une ville faîte de terrains de golf et de resorts. Elle fait mal aux yeux. Mais bien cachés derrières ses grosses maisons, elle abrite des petits joyaux de plage. Queen’s Bath était impraticable quand on y est passé. Mais quand la mer est calme, un énorme bassin permet de profiter de l’eau. Pali Ke Kua Beach est une minuscule plage dissimulée sous la piscine d’un hôtel. L’eau y est agitée, mais les tortues ont l’air d’apprécier. Effet île abandonné garanti! Notons que pour s’y rendre, il faut marcher à la limite de l’escalade.
A Hanalei, on passera pour manger et faire quelques courses. Le centre nous laisse une impression trop touristique, moyennement agréable.
Un grosse pluie plus tard, on arrive à Haena, dernière ville avant la fin de la route au Nord de l’île. On retrouve des copains avec leur famille. Le hasard a bien fait les choses, on va pouvoir leur laisser nos affaires et notre voiture pendant notre Rando de 3 jours. On passe une soirée sympa, plage, apéro, chateau de sable avec leur gamine, plongée avec poissons et une tortue, un autre chili, et au lit.
'Anini Beach, Kauai, Hawaii
'Anini Beach, Kaua'i

Vendredi 30 octobre 2015
De Kapa’a à ‘Anini
Passé une pause dans le jungle autour des Ho’opi’i Falls, on a profité des plages entre Kapa’a jusqu’à ‘Anini Beach Park. Garé au bout d’une route, on traverse des herbes hautes, descend et on se retrouve surplombant une baie bleue. Papa’a Bay est vide. On escalade les rochers noirs avant de marcher sur une étroite plage immaculée. Mais il ne faut pas se laisser avoir par la beauté de l’endroit, l’eau est agitée et le courant puissant.
Plus loin, Larsen beach lui ressemble, à la seule différence qu’elle est un peu plus fréquentée. Charles va plonger pour admirer les fonds marins. Il ressort assez vite émerveillé par la multitude de poissons, et par la force du courant. C’est aussi là que notre appareil photo sous-marin décède.
Kalihiwai Bay est, elle, adorée des surfeurs. Sur la droite, au pied de la falaise, les vagues cassent à la perfection. Au bord, ce sont les petits qui s’amusent. Avec leurs body boards, ils imitent les postures des plus grands. Ici, les maisons parsèment le bord de la plage, pas le grand luxe. Mais leurs habitants sont là pour les vagues.
On passe la nuit à ‘Anini. Camping au bord de l’eau, sous les arbres. La mer est calme, les vagues cassent au loin sur un récif corallien, apportant un léger bruit sourd.
Papa'a Bay, Kauai, Hawaii
Papa'a Bay, Kaua'i

Jeudi 29 octobre 2015
Qu'on pourra résumer en journée boueuse. Réveil assez tôt, on a pu apercevoir les couleurs du lever du soleil dans les gros nuages au loin. On était parti pour faire une rando matinale avant qu'il ne fasse trop chaud. Direction le Nounou Mountain Trail. Deux chemins sont possibles: par le Sud et par l'Est, plus court mais plus pentu avec vue sur l'océan. On voulait le tenter par le Sud. Notre hôte nous explique que c'est le versant le plus humide de la montagne et que ça peut être très glissant et très boueux. Il se met, à cet instant précis, à pleuvoir des cordes. Par la Sud, ce sera. Du soleil, de la pluie, des moustiques, de la boue, on aura tout croiser. En haut, la vue est superbe: la ville de Kapa'a en bas et les nuages qui, doucement, s'éloignent. Affamés et fatigués, on fait une pause déjeuner dans Kapa'a et on rentre siester - la nuit presque blanche d'hier se fait encore sentir - et se doucher - on a de la boue plein les jambes.
En fin d'après- midi, on va juste au dessus de là où on loge pour une petite rando, le Kuilau Ridge Trail. De la boue encore, une vue superbe sur Wai'ale'ale Crater. La lumière de fin de journée est toujours parfaite, on l'adore! Les moustiques aussi. Au début du chemin, un arboretum plus très entretenu nous fait aussi de l'oeil. On a juste à traverser une petite rivière, parfait pour nettoyer nous chaussures de rando cracra. Ce soir, notre hôtesse airbnb (ancienne ballerine de sang royal britannique) nous offre du chili, et on discute avec elle de marijuana en mangeant des rambutans. Oui, parce que sur leur grande terrasse, les hauts plants de cannabis ont la belle vie.
On n'a plus qu'à refaire nos sacs, demain on part au Nord de l'île camper au bord de l'eau.
Wai'ale'ale Crater - Kauai, Hawaii
Wai'ale'ale Crater, Kaua'i

Mercredi 28 octobre 2015
Journée étrange. Comme une impression d'en avoir vécu deux versions.
La version californienne commence en fait hier: finir les cartons, garer notre voiture, galérer à fermer les sacs à dos, aller chez des copains qui nous ont très gentiment préparé à dîner, rentrer fignoler quelques détails qui prennent finalement 3 heures pendant que le chat fait n'importe quoi dans la maison vide, réserver le vol qui nous emmènera de Maui à Big Island le 1er décembre, mettre en route les mises à jour OS - parce que oui, c'est toujours mieux à minuit 20, plus de fun -, s'écrouler dans les sacs de couchage, le chat sur les pieds de Charles, se faire réveiller deux heures après sans avoir bougé, avoir 10 secondes d'hésitation - qu'est-ce qui se passe? il fait nuit. je dors sur un tapis de sol? ah mais oui! -, essayer de réveiller le chat, difficilement, ranger les sacs de couchage, plier les matelas, se doucher, enfiler ses fringues et fermer son sac, il est 4h30, il pleut un peu - IL PLEUT EN CALIFORNIE -, pas un bruit dans la rue, pincement au cœur en quittant notre maison et le chat, quelques voitures sur l'autoroute, tout va très vite à l'aéroport, il est 6h40, on décolle avec 20 minutes d'avance, black-out. Coffee? Juice? Le soleil s'est levé sur le Pacifique, bye la Californie, Hawaii nous voilà!
La version hawaiienne commence à 9h, heure d'Hawaii, dans l'aéroport de Lihue, sur la côte Est de l'île de Kaua'i, la chaleur et l'humidité s'emparent de nous dès la sortie de l'avion. On prend la route vers le Nord. Enfin tout doux! Les distances sont si petites! Arrêt au bord de l'eau, halte aux Kailua Falls atrocement touristiques au bord de la route, balade dans le vieux Kapa'a, et baignade à Anahola. Fruits frais au bord de la route, ahi poke, moustiques, averse aussi soudaine que rapide, chute d'eau au détour d'un virage, gros nuages sous le soleil, salamandre jusque dans la salle de bain, on est bien, on reprend le rythme. J'allume le ventilateur pour la nuit, épuisé, on se couche.
Nos deux semaines à Kaua'i commencent tout juste. On passe les deux premières nuits dans un airbnb près de Wailua State Park, dans les hauteurs de Kapa'a.
Wailua River - Kauai, Hawaii
Wailua River, Kaua'i
Retrouvez notre programme hawaiien, ainsi que notre projet de voyage hawaiien en cliquant sur les liens respectifs!
Et enfin, pour nous suivre en photos pendant ces deux mois, suivez-le blog sur InstagramFacebook et Twitter.

11 commentaires:

  1. Hawaii, mon rêve, vous y êtes! Je me réjouis de vous suivre dans cette si belle aventure! Profitez de chaque instants!

    Amy

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    1. Merci Amy ! J'espère que nos aventures te plairont !

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  2. J'adore ce genre de blogging en quasi direct
    Amusez-vous bien !

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    1. Pas toujours évident à gérer avec la connexion, mais fun à faire !

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  3. C'est super de pouvoir vous suivre et de découvrir avec vous ce endroit assez mythique mais peu méconnu finalement... J’imagine bien les plages et les montagnes mais pas grand chose d'autre. Et comme je te l'ai déjà dit, j'ai rencontré à LA une dame originaire de Hawaï qui m'a raconté plein de choses dont j'espère que vous allez parler (la vie quotidienne, les réalités sociales, le tourisme...).
    Et comme je comprends votre pincement au cœur en laissant votre sweet home californien... Bon séjour !

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    1. Nous aussi, on va pouvoir en découvrir un peu plus tous les jours ! De l'avantage de rester longtemps au même endroit ! ;-)

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  4. Les photos sont superbes ! Ca fait rêver ! Profitez bien !

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  5. Votre expérience a l'air super, merci beaucoup de la partager ! ça m'est d'autant plus utile que je fais un saut de puce à Hawaii en ce moment et vos renseignements sont précieux ! Bon retour en Californie !

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